Culture et traditions

A Madagascar, la magie et les légendes nourrissent l'imaginaire et sont à la source de « fady », tabous parfois insolites, qui surprennent les touristes.

La culture à Nosy-Be est comme sa nature : exubérante et vivante. En dépit du développement récent des voies de communication dans le nord de Madagascar, l'insularité a permis à certaines populations de vivre en marge du modernisme et de préserver de manière pérenne une culture propre.

Aujourd'hui, près de 80% de la population malgache est rurale et l'attachement à la terre reste très fort car les croyances traditionnelles lui confèrent une sacralité liée aux ancêtres. En dehors des centres urbains, plus tournés vers le Christianisme et l'Islam, les croyances animistes ou chamaniques sont encore très présentes.

Leur influence sur La musique et les chants pratiqués à de nombreuses occasions (tromba, fêtes, funérailles, etc.) est marquée. La transmission orale, particulièrement à travers les kabary, domine la vie quotidienne des Malgaches (discours, chants, etc.). Malgré l'existence de textes malgaches en écriture arabe, réservés aux initiés (sorabe), le développement de l'écriture n'est dû qu'à des influences récentes, essentiellement européennes, datant du XIXe siècle avec l'introduction du christianisme.

Aujourd'hui encore, le temps est à Madagascar une notion circulaire et non linéaire. La culture du «mora-mora» y est un dogme qui consiste prendre son temps et vivre pleinement le présent. Cela peut dérouter le vazaha, l'étranger, habitué à une vitesse d'exécution plus rapide et parfois précipitée... « La discorde est le plus grand mal du genre humain, et la tolérance en est le seul remède. » disait Voltaire.

A Nosy-Be, comme dans la majeure partie de Madagascar, les Malgaches font aussi honneur à leur réputation de non-violence et recherchent en priorité une solution amiable et consensuelle en cas de désaccord. Abordons, si vous le voulez bien, quelques unes des traditions et croyances de Madagascar.

Donia

Nosy-Be est réputée au nord-ouest de Madagascar pour son festival musical du Donia, qui a lieu chaque année au mois de mai. Depuis 1994, c'est un véritable marathon musical qui s'élance de la capitale Antananarivo pour rejoindre l'île de Nosy-Be en passant par Diego Suarez. L'effervescence gagne l'île et les festivités débutent toujours par un grand carnaval multicolore, où s'affrontent les meilleures troupes de danse locales. Durant plusieurs jours, Nosy Be accueille des milliers de touristes et vit au rythme des compositions des plus grands artistes de l'Océan Indien.

Ce festival est retransmis sur de nombreuses chaînes de TV internationales avec une reconnaissance mondiale du Donia à travers le WONEX (Salon International du Festival).

Les fady ou tabous

Le royaume sakalava s'étend jusqu'à Majunga. Les Sakalava ont gardé un respect profond pour leurs ancêtres et leurs rites immémoriaux perdurent.

Fady peut se traduire par tabou. Ainsi l'autorité de « Razana » (l'ancêtre divinisé) s'exprime à travers des ordres qui s'accompagnent de Fady.

Nés des prédictions transmises par les « Tromba » ou esprits et les « Moasy » ou sorciers, les « Fady » ont certainement pour but de rechercher le bien- être de l'Homme. Les Fady s'appliquent tant sur l'environnement de l'Homme (lieu d'habitation) que sur l'Homme lui-même. Il touche à de nombreux domaines :

- alimentaire : interdiction de manger des poulets, des pigeons verts, des mérous, des noix de cajous..

- comportemental : interdiction de siffler dans des zones bien déterminées

- vestimentaire : durant le Tsangatsaina, le Salovana ou pagne est de rigueur pour l'homme (pas de chaussures et nu tête).

- social : impossibilité d'interdire à votre compagne de tenir compagnie à l'homme qui l'a sollicitée

Le Morengy

Madagascar est le creuset de plusieurs sports traditionnels parmi lesquels le Morengy ou lutte malgache.

Il se pratique essentiellement dans les villages de l'Ouest et du Nord de Madagascar où les jeunes constituent une équipe d'origine villageoise pour rivaliser selon un code reconnu jusqu'aux cellules familiales. Le Morengy se veut le reflet d'une démonstration de force, de courage et de virilité....

Cette manifestation sportive, qui met en scène deux jeunes gens face à face, est l'occasion de réunir une partie de la population et vient interrompre le calme et l'inactivité dominicale. Les spectateurs forment alors un cercle et encouragent chacun leur protagoniste. Cette pratique non violente requiert agilité, rapidité et souplesse, grands écarts, réception sur les mains, élancement des jambes.